samedi 6 août 2016

LA COMTESSE DE SÉGUR : Les Malheurs de Sophie



Illustration d'Horace Castelli

Il y a quelque temps ici même j'évoquais le plaisir ressenti quand j'ai lu enfant "Les Malheurs de Sophie".
Puis, voilà j'ai envie de relire les Malheurs de Sophie tout simplement parce qu'une petite fille a décidé de l'emprunter dans ma bibliothèque scolaire.
Le ton est désuet mais il se dégage une fraîcheur, c'est un plaisir de lecture. Le rythme est vif et plein de gaité.
L'enfant n'a pas la même approche d'un texte qui lui est destiné entre autre ici " les Malheurs de Sophie" qu'un adulte qui a déjà une grille de lecture des références. Pour l'enfant la lecture est la page blanche. " Quelle que soit l'érudition de ses parents, l'enfant est à sa naissance d'une ignorance totale. Son cerveau est une page blanche sur laquelle on peut écrire n'importe quoi ou que l'on peut théoriquement laisser blanche en l'isolant. " dit Michel Tournier

Sophie est une enfant de quatre ans, fille unique, tout lui est interdit, elle est très souvent punie. C'est le reflet des mœurs du second empire, Les Malheurs de Sophie décrit une société où l'éducation morale des enfants commence dès le plus jeune âge et où chaque incident est propice à une leçon. Cette éducation sévère peut avoir recours aux châtiments corporels" Sans rien dire elle prit Sophie et la fouetta comme elle ne l'avait jamais fouettée. Sophie eut beau crier, demander grâce, elle reçut le fouet de la bonne manière, et il faut avouer qu'elle le méritait." (la boîte à ouvrage) Donc sa maman qui la punie la plus part du temps mais sans vraiment lui expliquer pourquoi elle a fait une bêtise. Le chapitre du "Thé" m'a amusé et il m'a rappelé un souvenir d'enfance avec mon frère puis avec mes cousines l'envie de recevoir de mimer les adultes.Les adultes dans les Malheurs de Sophie représentent l'autorité. La mère de Sophie Madame Renan ne marque pas de tendresse, d'amour envers sa fille. L'on sent une distance, voir une rigidité cela dit c'est là où l'on voit évolution en ce qui concerne les rapports entre les enfants et les parents. Aujourd'hui par exemple un enfant ne vouvoie pas ses parents. Je trouve horrible le passage d'Elisabeth qui se mutile par ce qu'elle a blessé sa bonne. J'ai trouvé étrange que les enfants sont souvent seul sans surveillance. Cela ma surpris d'autant plus que travaillant avec des enfants (il est certain plus grand), j'ai toujours un petit groupe à surveiller. Car, c'est bien connu dès que l'adulte à le dos tourné les enfants en profitent pour faire des bêtises.


Pour l'adulte, les parents ici Madame de Rénan, sa fille doit être l'enfant modèle, et éternellement sage et bon surtout. Ce qui fait sourire car, aujourd'hui la plus part des enfants ne tiennent pas en place, son épuisant d'énergie. Ce ne sont pas des petits monstres loin de là tout de même, ils sont comme Sophie, ils ont bon fond tout de même. Il y autre chose qui ma amusé et qui est bien le signe d'un autre temps, le côté catho, donné aux pauvres, la différence de classe est bien souligné aussi
Sophie comme tous les enfants de son âges aime les animaux, par exemple le passage de la "Tortue". Elle a envie de donner un bain à sa tortue, son geste est innocent personne l'averti que c'est nocif pour sa tortue.
Passage intéressant concernant le rêve "Les fruits confits", Sophie par gourmandise a mangé ou plutôt grignoté tous les fruits confits qui ont été offert. Elle se rend compte qu'elle a fait une bêtise, et qu'elle se fera gronder, cela la travail très fort pendant son sommeil. Référence au jardin défendu " Sophie eut une nuit un peu agitée ; elle rêva qu'elle était près d'un jardin dont elle était séparée par une barrière ; ce jardin était rempli de fleurs et de fruits qui semblaient délicieux." Elle voit sa faute, et le pêché qu'elle a commis elle en parle à sa mère qui lui dit " Sais-tu ce qu'il peut signifier, Sophie ! C'est que le bon Dieu, qui voit que tu n'es pas sage , te prévient par le moyen de ce rêve que, si tu continues à faire tout ce qui est mal et qui te semble agréable, tu auras des chagrins au lieu d'avoir des plaisirs." Et voilà, une moral remplit de bondieuserie. Voilà nous sommes à des kilomètres du rêve d'Alice de Lewis Carroll !

Les vertes lectures de Michel Tournier
: Portrait de la Comtesse de Ségur (voir ici)

" Toute son existence - que nous découvrons dans sa correspondance - ressemble à cet écheveau. Nous y lisons une inaltérable naïveté jointe à une lucidité sans faiblesse, une confiance absolue dans la vie, un amour du destin -amor fato-, la conviction enfantine que le mal finit toujours par servir le bien, un courage inépuisable dans les pires épreuves."

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